Mon expérience de Tough Mudder

Tough Mudder, c´est une course de 16 kms et de 19 obstacles qui s´étendent en tout sur un parcours de 18 kms. Cet évènement vient tout droit des USA et j´ai pu assister à la toute première session en Allemagne le samedi 13 Juillet 2013 à Fürstenau. Cela represente tout de même un budget de 115 euros en s´inscrivant 4 mois à l´avance. Voici le détail de cette grande journée :

8h30 – C´est le départ depuis Cologne, j´ai du mal à avaler quoique ce soit à cause de l´excitation donc je prends des tranches de pain de mie complet pour la route. Le mari de mon amie Imke, nous y accompagne en tant que visiteur, il faut 2 heures de route.

10h30 – On a trouvé le parking, on voit les autres participants déguisés en militaires, super-héros ou en William Wallace, super ambiance. On monte dans la navette qui nous emmène dans la caserne où se déroule l´évènement. On retire nos dossards qui sont classés par nom de famille sous présentation de la carte d´identité et des papiers signés pour l´assurance. On se fait marquer notre numéro de Tough Mudder sur les bras et le visage afin que l´on puisse nous reconnaître tout le long du parcours et attribuer les photos à notre profil.

11h30 – Le reste de notre équipe est arrivée, on était 13 en tout, on regarde un peu les obstacles près du départ et de l´arrivée, puis on préfère ne plus trop regarder. L´adrénaline monte.

12h30 – Un dernier passage au toilettes, une barre de céréales, on dépose le sac au vestiaire et on se prépare mentalement.

13h00 – Un animateur appelle le dernier groupe de Tough Mudders pour l´échauffement collectif. On court, saute, fait des pompes, ça ne rigole pas. On crie « Tough Mudder » et des « Hoo-rah », le cri de guerre des Mudders. Puis on se dirige en courant et dans la poussière vers le point de départ. Pour y arriver, il faut franchir un mur de 2,5 m, les autres participants du Tough Mudder t´aident à grimper bien entendu. On est serrés comme des sardines et on continue à sauter et à crier. L´animateur indique qu´il y a même des français dans ce groupe de participants, je n´ai pas vu les autres mais j´ai fait du bruit pour nous.

13h15 – L´heure de la prière, on se met à genoux, main droite sur le cœur, on fait sermon de s´entre-aider, de ne pas penser au temps pour accomplir le parcours mais à l´esprit d´équipe, de ne pas pleurer, de ne pas abandonner et d´accepter les blessures …

13h30 – C´est parti ! L´animateur a allumé la mèche. Je tremble, mon cœur s´emballe, j´ai du mal à contenir ce stress. On s´échauffe par un petit parcours de 5 km de course dans le sable et dans la boue.

Obstacle 1 : KISS OF MUD

C´est facile, il suffit de ramper sous des barbelés dans la boue. Certains font de bonnes blagues  « Maman ne vas pas être contente, elle va jamais réussir à faire partir les tâches ».

Obstacle 2 : ARTIC ENEMA

Mon amie Imke, redoutait cet obstacle, je comprends mieux pourquoi, on plonge dans un bac de glaçons, d´ailleurs le monsieur m´a balancé le sac de glaçons sur la tête, et on doit passer sous une planche donc nager sous l´eau et puis remonter du bassin. Avec un corps congelé, ce n´est pas simple de pouvoir bouger, mais j´ai eu aucune difficulté.

 

Obstacle 3 : GLORY BLADES

Ce sont des murs penchés qu´il faut franchir pareil en équipe, aucune difficulté pour se hisser au final. Il faut simplement pour retomber faire attention à ses chevilles.

Obstacle 4 : CLIFFHANGER

C´est une montagne remplie de boue qu´il faut franchir, c´est plutôt sympa, ça use bien les cuisses tout de même.

Obstacle 5 : CAGE CRAWL

Tu es sous l´eau, la tête face au ciel et tu te hisses vers l´autre bout de l´obstacle grâce à la grille. En gros, tu n´as que tes yeux et ton nez qui ne sont pas sous l´eau. Il ne faut surtout pas paniquer, mais rester calme car vers la fin, on est obligé de plonger sous l´eau pour sortir car le niveau de l´eau est plus haut. Cela ne demande pas forcément de l´effort physique mais de la concentration. Il faut prendre son temps.

Obstacle 6 : FIRE WALKER

Facile, il faut franchir un mur de feu et sauter dans le bassin d´eau juste après.

Obstacle 7 : MUD MILE

Très simple, des montagnes de boue à franchir avec des toboggans naturels de boue entre les obstacles. Tout le monde rigole.

Obstacle 8 : WALK THE PLANK

Il suffit de sauter d´une hauteur de 4,5 mètres dans un bassin de boue. J´ai quand même vu des mecs tout musclé redescendre car ils avaient peur. Moi aucun problème, sauf que j´ai éclaté mon oreille car j´ai pas eu le réflexe de me boucher le nez.

Obstacle 9 : ELECTRIC EEL

Il faut ramper sous des fils électriques chargés de quelques volts. Celui-ci je ne l´ai pas fait, car on est plein d´eau donc j´ai préféré passer. Ma copine Imke s´est pris des bons coups de jus, on entend les participants crier et sortir avec les larmes aux yeux. Respect !

Obstacle 10 : JUST THE TIP

Il faut se hisser avec la force des bras de l´autre côté du bassin, j´ai réussi que la moitié du parcours et je suis tombée à l´eau.

Obstacle 11 : SPIDERS WEB

C´est génial, les participants hissent le filet pour faciliter la tâche aux autres, il suffit juste de grimper et de redescendre, c´est un peu haut sinon aucune difficulté. On se glisse avec Imke entre Superman et Hulk, des américains, pour aider à notre tour.

Obstacle 12 : FIREMAN CARRY

Ça c´était pas si simple, on devait se porter Imke et moi sur les épaules en alternance, donc il faut quelqu´un du même poids que toi sinon au bout d´un moment il y a un problème. Mais on a bien réussi, j´étais bien fière de nous !

Obstacle 13 : FUNKY MONKEY

Il fallait avec la force des bras franchir un bassin. C´était tout glissant, j´ai même pas réussi un troisième barreau que j´ai atterri dans l´eau mais comme on le voit en image, c´est tout à fait réalisable.

 

Obstacle 14 : BERLIN WALLS

Waaah, celui-là était hard, le mur avait une hauteur de 3,2 mètres à franchir, il faut qu´on te fasse la courte-échelle et que tu te hisses toute seule comme une grande pour monter tes fesses en haut du mur et ne pas avoir peur de redescendre de l´autre côté. Et ça, deux fois de suite.

Obstacle 15 : DIRTY BALLERINA

Facile, il suffit de sauter sans tomber dans les trous, c´était pour ceux qui ont de longues jambes quand même, les deux derniers je suis tombée dans le trou, donc ça m´a demandé plus d´efforts pour en sortir, mais tu n’as pas vraiment d´élan pour sauter… Un camarade s´est d´ailleurs foulé la cheville sous nos yeux. Vraiment dommage mais les secours sont arrivés rapidement.

Obstacle 16 : HOLD YOUR WOOD

Facile aussi car tu as le choix du tronc d´arbre que tu peux porter, j´en ai pris un assez petit. Imke qui a de plus gros bras que moi en a pris un à son niveau.


Petit parcours de course dans le sable et dans la boue, je m´amuse comme une gamine en me jetant littéralement dans la boue, je vois les kilomètres défilés à une vitesse et j´ai envie de profiter plus longtemps de l´évènement. On voit dans les derniers kilomètres ceux qui sont à bout de force et qui ne peuvent plus courir. Nous, on a rien lâché avec Imke !

Obstacle 17 : BOA CONSTRICTOR

Il suffit de ramper dans un tunnel glissant allant droit dans un bassin d´eau et d´en remonter, pas du tout simple car tu n´as aucun appui et cela glisse. Là, mes petites jambes m´ont avantagé car je pouvais passer à quatre pattes et monter facilement, puis en haut du tunnel, une main tendue et des mots encourageants d´un compatriote américain. A mon tour, de tendre la main à Imke.

Obstacle 18 : EVEREST

Je redoutai le plus cet obstacle et j´ai bien eu raison. C´est un (ou une?) quarter-pipe d´environ 4m qu´il faut franchir. Imke y est allée la première et a réussi du premier coup. J´ai réussi qu´à la quatrième fois. Il faut vraiment sprinter jusqu´au bout et sauter au dernier moment.

Obstacle 19 : ELECTROSHOCK THERAPY

Celui-ci était aussi difficile, mais vu que j´avais laissé tomber le premier, je me suis dit celui-ci, je dois m´y coller et c´était une grande peur que j´ai surmonté. Pareil, des fils électriques chargés avec un parcours de bottes de paille qu´il faut franchir. Je me suis pris 3 bon coups de jus donc le premier qui m´a achevé directement au sol, mais dans ma douleur, j´aperçois la ligne d´arrivée et Imke qui m´attend alors je me remets vite sur les jambes.

16h20 – Ligne d´arrivée. On a accompli le parcours en moins de 3 heures. Quel bonheur ! On reçoit le fameux bandeau orange Tough Mudder, une photo souvenir avec Imke, puis le t-shirt de finisher et une bière fraîche bien méritée.

16h30 – On se dirige droit vers les douches collectives pour enlever toute la boue et mettre nos affaires propres, on a l´impression de peser 10 kilos de plus avec toute cette boue. On met nos pastilles effervescentes de magnésium dans les bouteilles d´eau pour éviter les courbatures et on rentre à la maison. J´ai malheureusement, un mal d´oreille, dû au saut de 4m dans l´eau, qui va me conduire chez le médecin le lundi matin et surtout des bleus et de monstrueuses courbatures aux bras, mais comme on dit « No pain, no glory ». Ah, et si vous vous demandez si je compte refaire un Tough Mudder… je vous dirai que non, une autre course de ce genre oui, mais une fois me suffit à vrai dire car c´est cher.

A tous ceux qui s´apprêtent à participer à cet évènement, je vous souhaite de passer un super moment, de profiter chaque instant car finalement cela passe super vite, et d´aider surtout les autres ! Tough Mudder demande automatiquement d´aller vers l´autre et de tendre ou d´attraper une main tendue, des gestes rares que l´on apprécie ici. Et si vous aussi, vous y avez participé, n´hésitez pas à me laisser vos impressions !

Photos: Thomas Wenning

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