Les métiers qui font voyager : l´interview de Julie, hôtesse de l´air chez Swiss

Salut Julie, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Gruezi Julie, j’ai 25 ans, je viens de Vendée et je vis à Zürich depuis 9 mois environ, c’est à dire depuis que j’ai commencé à travailler pour SWISS.

Pourquoi as-tu eu envie de devenir hôtesse de l´air?

C’est une envie qui m’est venue depuis le lycée, mais sous l’influence de la famille et des amis, j’ai commencé à croire qu’il valait mieux que j’étudie. J’ai passé une licence LLCE en allemand et ensuite une maîtrise en traduction littéraire jusqu’à ce que je me rende compte que si je ne devenais pas hôtesse de l’air de suite (‘Personnel navigant commercial’ dans le milieu), j’allais le regretter un jour.

Comment s´est passé ta formation ?

Il faut savoir qu’en France il est obligatoire de passer le Cabin Crew Attestation (CCA) dans des écoles privées avant de pouvoir postuler dans une compagnie aérienne. A l’étranger, en Allemagne ou en Suisse par exemple, il faut postuler d’abord et la compagnie te forme si tu leur plais.
Dans mon cas, je ne savais pas où j’allais atterrir, au départ il était évident que je voulais rester en France, j’ai donc passé le CCA.
Il s’agit d’une partie théorie qui dure environ 3 semaines avec un examen au bout et quelques mois plus tard d’une partie pratique qui dure 2 semaines et qui donne également suite à un test. Il faut d’abord réussir la théorie avant de pouvoir faire la pratique et comme il s’agit d’une formation assez chère, les candidats sont relativement motivés.
Cette formation n’aborde que les aspects sécurité, sûreté et premiers secours. Honnêtement c’était une formation intensive mais très intéressante.
J’ai dû refaire une formation chez Swiss, similaire au CCA français + spécialisation Airbus A319/320/321 (courts et moyens courriers) et A330/340 (longs courriers).

Comment se passent tes débuts chez Swiss?

Très bien, le Crew est toujours super sympa, prêt à répondre à toutes les interrogations, compréhensif et solidaire. C’est ce que je j’aime le plus, même si on se connait pas du tout ou peu, il y a toujours de l’entraide.

Quel est le meilleur souvenir de ta formation?

Peut-être lorsque nous sommes tous allés à la piscine municipale faire l’exercice de sauvetage en « mer », nous étions tous avec une combinaison en coton très lourde, ce qui nous rendait difficile les déplacements dans l’eau ; c’était tellement ridicule, au moins nous étions tous dans le même bateau (haha). C’était fatiguant mais assez amusant.

Qu´est-ce qui te fait le plus peur dans ton nouveau métier ?

C’est un travail qui demande beaucoup de flexibilité et une santé assez irréprochable. Il est tellement facile de devenir inapte à voler… Il m’est arrivé à plusieurs reprises de ne pas pouvoir aller travailler à cause d’un rhume ou nez bouché car en raison des changements de pression atmosphérique, cela peut devenir très douloureux voire dangereux pour les oreilles notamment.

Combien de temps en avance dois-tu te présenter avant le décollage ?

A Zürich, le briefing se déroule toujours une heure avant le take-off. Le maître de cabine nous informe des spécificités du vol, le Commander et le First Officer viennent nous saluer et dire quelques mots, et ensuite nous embarquons tous ensemble afin de vérifier que tout est en ordre à bord, puis nous saluons et assistons les passagers.

Quel aspect de ton travail préfères-tu ?

L’aspect sécurité et sûreté, en fait tout ce que les passagers ne voient pas. Je discutais il y a peu avec une connaissance qui me disait que de toute façon, nous n’avions pas beaucoup de choses à faire et que prendre l’avion était le moyen de transport le plus sûr. J’ai dû lui sortir tous mes arguments pour lui expliquer que si justement l’avion est sûr c’est entre autres grâce à nous. Sans l’équipage cabine, on entendrait beaucoup plus souvent parler d’accidents aériens dans les infos.
J’aime à penser que je suis d’abord là pour la sécurité à bord et non pas pour le service. Dans toutes les compagnies aériennes la sécurité est la priorité, nous devons être vigilants en permanence et surtout lors des phases critiques comme le take-off et atterrissage.

Quels sont les avantages dont tu bénéficies en tant qu´hôtesse de l´air?

Je peux voyager pour un prix relativement bas, je dispose de quelques friends tickets et d’un travel partner qui peut également voyager à volonté pour une somme dérisoire (taxes et frais par exemple uniquement).
L’aspect humain me plaît beaucoup, j’ai l’impression d’apprendre énormément que ce soit sur le comportement des collègues ou des passagers. Je suis sûre que ce métier va m’enseigner plein de choses sur la vie au fil des années.

Quelles sont les destinations qui te font rêver ?

Je vais prochainement à San Francisco pour la première fois et j’ai vraiment hâte d’y être ! De plus je pense emmener un ami, ce sera l’occasion de découvrir la ville à deux.
J’aimerais beaucoup aller à Tokyo (NRT) et Johannesburg (JNB) surtout, mais je vais surement obtenir ces destinations très prochainement ! Par chance, nous avons la possibilité d’influencer un peu nos plannings grâce à un système de souhaits en ligne

Que fais-tu pendant ton temps libre?

Quand je suis à l’étranger, avec le crew on s’organise un repas au restaurant ou on fait un peu de sightseeing avec ceux qui le veulent, à Zürich j’essaie de voir des amis et je fais tout ce que je n’ai pas le temps de faire en temps normal!

Une dernière question: les pilotes hots ou pas hots ;)?

Il y a de tout, souvent les First Officer sont plus jeunes, mais de toute façon c’est l’uniforme qui fait tout ! N’est ce pas ?

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