Cote2boeuf.fr, le bon plan épicerie en ligne française

Dernièrement, je discutais avec mes amies françaises expatriées à Cologne du goût de la viande en Allemagne. C´est simple, il n’y en a pas. Moi, à force, je suis devenue flexitarienne ! (Flexi-quoi ?). Le flexitarisme, c´est être végétarien en s´accordant des écarts. Oui, je ne mange que peu de viande ou de poisson et quand j´en mange et que j´en trouve (car c´est surtout ca mon problème), je vais payer le prix mais il est hors de question d´acheter de la « viande » dans les barquettes sous vide de chez Lidl ou Aldi.

L´allemand moyen dans ses 80 ans de vie consomme 4 bœufs, 4 moutons, 12 oies, 37 canards, 46 porcs, 46 dindes et de 945 poulets. Ce dernier est principalement producteur de porc, comme on peut le voir sur l´image ci-dessous et un peu moins de bovins que nous français. (En rose, la production en 100.000 tonnes de viande de porc et en bleu, celle de bœuf)

Source : www.bund.net

Avec l´industrialisation, il est vraiment très difficile de trouver des producteurs locaux autour de Cologne, si jamais vous en connaissez faites-moi signe ! Bref. J´ai utilisé Google et je suis tombée sur un super site : www.cote2boeuf.fr.

J´ai fait le tour de la boutique qui est très agréable à découvrir : des photos alléchantes, des produits du terroir dont je n´ai encore jamais entendu parler mais qui m´ont l´air très appétissants, des descriptions claires, des idées de recettes, ce site m´a l´air bien sympathique ! Après avoir lu quelques articles de leur blog, je me suis décidée de commander un magret de canard pour notre prochaine soirée entre filles, ainsi que de l´aligot, un fricandeau et un morceau de Saint-Nectaire. Ce sont des produits de l´Aveyron, une région que je ne connais pas mais dont je tarde de goûter ! De la pure curiosité (et…. de gourmandise)!

Les avantages du site : on peut payer via son compte Paypal ou par carte visa. Après avoir envoyé le paiement, on reçoit un e-mail de bonne réception de la commande et le numéro de colis pour suivre ce dernier. Les frais d´envoi sont de 10 euros et sont gratuits pour une commande de plus de 80 euros, ce qui est très raisonnable. Au niveau des délais, j´ai reçu mon colis 4 jours plus tard pour un envoi à l´étranger. Contrat respecté !

J´ouvre le colis et je trouve mes marchandises parmi des sacs lisothermes. Ce sont des poches de gel qui ont été développées spécialement pour jouer le rôle de source de froid dans les colis. Ces gels sont également utilisés dans l’industrie pharmaceutique pour l’envoi sous température contrôlée de vaccins dans le monde entier.

Le problème en Allemagne, c´est qu´ils ne sont pas gourmets et le budget « nourriture » a moins d´importance que pour nous français. Il est parfois difficile de leur expliquer notre problématique. Il m´est difficile d´attirer des allemands dans une soirée dégustation, par contre, le français, lui vient de pied ferme !

Ce week-end, je suis allée chez mon amie Sabrina (française) qui est incontestablement l´experte en cuisine de tout mon entourage à Cologne où Lucie (belge) et Maggie (allemande) nous ont rejoints pour déguster des spécialités de l´Aveyron.

Nous avons commencé par l´entrée : dégustation du fricandeau, un pâté typique local que l´on a accompagné d´une salade et de croutons, un vrai délice que je vous recommande vivement !

Le plat principal était le magret de canard, servi avec de l´aligot, des carottes tournées glacées et des haricots verts. En dessert, dégustation du Saint-Nectaire accompagné d´un vin rouge du sud-ouest (Fronton 2008).

Pour préparer le magret de canard, on pare la viande, dans ce cas cela revient à enlever la graisse qui se trouve sur les côtés et à laisser celle côté peau. Dans une poêle antiadhésive, on dispose la viande côté peau pendant 10 minutes en ayant effectué au préalable des croisillons pour mieux répartir la chaleur de cuisson, puis l´on saisit la viande 5 minutes du côté chair après avoir pris soin de retirer la graisse de la poêle. On retire la viande de la poêle avant d’y ajouter des échalotes que l’on fait revenir quelques minutes. On ajoute ensuite le vinaigre balsamique afin de créer la sauce en prenant bien soin de déglacer les sucs de cuisson. Viennent s’ajouter des feuilles de thym, du miel, une cuillère à soupe de crème fraiche. On dépose ensuite la sauce obtenue sur les tranches de magret.

Pour l´aligot (voir ici), c´est aussi rapide, il suffit de plonger la barquette dans une casserole d´eau bouillante et attendre 10 minutes avant de le servir.

Quant aux carottes glacées, nous les avons tournées au préalable (ce qui consiste à leur donner une forme), avant de les mettre dans une casserole avec une bonne noix de beurre. Il faut ensuite ajouter du sucre et du sel et mettre de l’eau à hauteur avant de recouvrir d´un papier sulfurisé (avec une petite cheminée) qui doit être en contact avec l’eau de cuisson. Compter 10 minutes pour la cuisson des carottes.

A la fin de ce merveilleux voyage gustatif, je recueille quelques impressions :

Lucie : « – Moi, c´est clair, les produits qui me manquent, c´est la viande qui n´a aucun goût en Allemagne et le poisson. De même pour les fruits et légumes qui viennent d´Espagne ou de plus loin. En France, l´on trouve encore des produits locaux et l´on sent la différence. Cela ne me poserait pas de problème de dépenser un peu plus pour plus de goût dans nos assiettes. »

Maggie : « J´adore les produits français : le vin rouge (ceux de la Loire), les plateaux de fromages, les conserves de thon à la tomate que l´on ne trouve pas en Allemagne mais je n´ai pas encore eu l´honneur de goûter au meilleur de la France : les français :). (Quelle coquine notre Maggie !). Grâce à ce repas, j´ai découvert d´autres spécialités très bonnes que je retiendrai : le fricandeau et l´aligot. Par contre, je n´aurai jamais pensé acheter un fricandeau en le voyant en entier car il parait bizarre. Comme quoi ! Mais c´est vraiment très très délicieux. »

Sabrina : « – C´est vrai que l´on y pense pas, mais commander des produits en ligne, pourquoi pas si les prix ne creusent pas trop le budget et que l’on souhaite se concocter de bons repas entre amis le week-end. Les produits français qui me manquent sont principalement la bonne viande de bœuf que l´on ne trouve pas en Allemagne, le foie gras, du bon fromage et le vin (mon favori est le Saumur-Champigny). Je ne connaissais pas le fricandeau et ce fut une révélation, vraiment très bon. L´aligot était excellent, le canard était bon aussi. »

Je rejoins les filles sur le fricandeau et l´aligot, deux produits que je ne connaissais pas mais au moins, j´ai une très bonne adresse désormais :) Ce repas entre amies était vraiment très réussi car les plats étaient préparés rapidement, c´était très délicieux et le tout représentait un budget de 10 euros par personne. Des petites soirées autour de plats du terroir, on en redemande !

Curieuse que je suis, je voulais en savoir plus et suis allée faire un tour en coulisses de cote2boeuf.fr afin d´obtenir quelques infos supplémentaires à l´occasion d´une interview avec Charles Siemiatycki, fondateur et directeur associé du site.

Bonjour Charles, peux-tu nous expliquer d´où est venue l´idée de créer une boutique en ligne ?

J’ai grandi dans l’Aveyron puis suis monté faire mes études supérieures à Paris. J’ai eu la chance de grandir dans une région rurale et agricole où les produits de qualité sont pléthores. Arrivé à Paris, je me suis aperçu que la différence de qualité des produits était flagrante : poulet sans goût et sans saveurs, omelette passant de la couleur jaune orangé à presque blanche, veau sec et sans goût, porc sec et sans saveurs, steak qui diminue de moitié à la cuisson et qui rend de l’eau (signe d’hormones), charcuterie industrielle, etc. Je me disais depuis des années que cette situation était quand même bien regrettable étant donné que d’un côté, nous avons des producteurs/éleveurs/artisans qui élaborent des produits de qualité mais qui n’ont comme réseau de vente que le local (marchés et vente à la ferme) et de l’autre des consommateurs qui n’ont accès en grande majorité qu’à des produits industriels (80% des produits consommés en France sont d’origine industrielle, 90% du porc consommé en France provient d’élevages industriels) de basse qualité et sans goût quand ce ne sont pas des tricheries (lasagnes au cheval par exemple, réétiquettage des produits en grandes surfaces, etc.). Après une étude, je me suis aperçu que grâce à internet, La Poste et un système logistique de colis permettant le maintien de la chaine du froid, nous pouvions mettre en relation ces petits producteurs et les consommateurs finaux sans d’autres intermédiaires que nous, ce qui réduit considérablement le nombre d’intermédiaires !

Comment sont recrutés les producteurs dont les produits sont présentés sur cote2boeuf.fr?

La recherche des producteurs se fait par différents moyens : rencontres sur les marchés locaux, bouche à oreille et recommandations de producteurs de qualité entre eux. L’Aveyron est une région rurale où tout le monde se connaît et petit à petit, par un réseau local, nous parvenons à rencontrer de plus en plus de petits producteurs qui nous sont recommandés. Par ailleurs, certains nous contactent directement après avoir entendu parler de nous. Le contact se fait donc soit sur les marchés soit directement à la ferme. Nous essayons toujours d’aller rencontrer les artisans et éleveurs sur leurs fermes afin de voir les conditions d’élevage et de rencontrer l’éleveur afin de discuter avec lui de son travail, de ses bêtes, de sa vision de l’agriculture et de l’élevage. Si un premier contact se fait sur un marché local, nous essayons ensuite de prendre le temps d’aller le rencontrer chez lui.

Les produits sont-ils « testés » avant d´être mis en boutique?

Oui et c’est bien là le problème ! Les produits sont en grande majorité de grande qualité et particulièrement savoureux, ce qui nous amène à les goûter avec plaisir. Notre foie et notre poids s’en ressentent parfois !!! Mais nous ne pouvons proposer un produit sans l’avoir goûté. Nous partons du principe que nous devons être les premiers clients de nos produits et par conséquent nous sommes intransigeants sur la qualité et le goût des produits.

Combien de producteurs fournissent le site?

A l’heure actuelle, nous collaborons avec 12 petits producteurs, que ce soit en fromages, charcuterie ou viandes. Ce nombre ira certainement en grandissant au fur et à mesure du nombre de commandes journalier. En effet, nous préférons avoir 2 petits producteurs de qualité pour un même produit qu’un gros producteur industriel. Cela complique la gestion des stocks et la logistique mais la qualité des produits est un précepte dont nous ne voulons pas déroger !

Quel est le produit « phare » de la boutique?

Honnêtement, il n’y a pas forcément un produit qui se démarque. Cela dépend des goûts de chacun. Certains commandent de l’agneau, d’autres sont plus amateurs de veau, d’autres encore recherchent des fromages de petits producteurs locaux.

Quel est le profil type de votre clientèle moyenne ?

La clientèle est aujourd’hui plutôt citadine. Néanmoins, pour certaines personnes habitant dans des endroits reculés, c’est un moyen pour eux d’avoir sans se déplacer des produits de qualité à domicile. Nos envois se font majoritairement en France pour le moment mais nous avons de plus en plus d’expatriés qui aiment notre concept et se font livrer en Allemagne, au Royaume Uni, en Belgique ou encore en Italie. Enfin, la traduction prochaine du site en anglais nous permettra de proposer ces produits à une clientèle étrangère, amatrice des produits gastronomiques français.

Est-il possible de vous rencontrer à certaines expositions ou salons ?

Vous pouvez nous rencontrer à notre local dans l’Aveyron, à Sainte Radegonde, près de Rodez. Nous programmons également de participer à des expositions ou salons dans les mois à venir. Nous communiquerons bien évidemment à ce sujet sur notre site et notre Facebook. Nous sommes présents aussi dans les grandes entreprises où nous faisons goûter nos produits à l’entrée du restaurant d’entreprise. Rien de tel qu’une rondelle de saucisson pour se mettre en appétit ! Par exemple, nous sommes régulièrement au Ministère de l’Economie et des Finances à Paris à l’heure du déjeuner pour faire découvrir les produits de nos petits producteurs aveyronnais.

Merci Charles pour cette interview sympathique. Les initiatives « slowfood » comme le site cote2boeuf.fr, je soutiens à 200% ! J´espère que cet article vous donnera aussi envie d´essayer de retrouver le goût des bonnes choses.

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